Étiquette : Google

  • Retour sur l’affaire Free et le blocage de la publicité

    Dans sa mise à jour du 03 janvier 2013, Free avait activé un bloqueur de publicité. Ce blocage a provoqué un grand nombre de réactions. Free est le deuxième fournisseur d’accès à internet français et compte plus de 5 millions d’abonnés.

    blocagepub freeLa mise à jour du logiciel de la Freebox qui a activé le blocage de la publicité a entrainé de nombreuses réactions notamment chez les éditeurs de sites, les internautes mais aussi au sein de la classe politique.

    Quels sont les faits reprochés à Free ?

    Le premier reproche fait à Free est l’activation par défaut du bloqueur de pub. Il existe déjà des moyens de bloquer la publicité sur internet avec des extensions tel que ad block ou ad block plus, mais ces extensions sont activées par la volonté de l’internaute et non automatiquement.

    Un autre reproche exprimé par certains serait une atteinte à la neutralité du réseau par le FAI. Mais cette opinion n’est pas partagée par Benjamin Bayart qui estime que le blocage de la publicité par Free n’est pas une atteinte à la neutralité des réseaux car le filtrage est fait par un équipement de périphérie (la Freebox). Il reste une atteinte à la neutralité des intermédiaires techniques.

    Enfin la peur de nouveaux blocages qui viendraient limiter la liberté de l’internaute fait partie des hypothèses mises en avant par certains éditeurs de contenu.

    Pourquoi Free essuie-t’il une levée de bouclier de la part d’éditeurs de contenu ?

    Dans un modèle économique ou la publicité permet la rémunération des éditeurs de contenu, le blocage de cette publicité rend le modèle inefficace. Ainsi les sites d’information, les bloggeurs et tous les éditeurs de contenu qui étaient rémunérés par la publicité sont privés de leur ressource. L’idée avancée est que la publicité permet de conserver l’accès gratuit aux sites internet.

    Pourquoi Free mettrait en place le filtrage des publicités ?free

    Derrière cette action du blocage de la publicité c’est probablement Google qui serait visé.

    Depuis quelque temps la firme de Mountain View et le fournisseur d’accès à Internet s’affrontent sur la question des accords d’interconnexion. Xavier Niel veut que Google investisse dans les infrastructures car certains de ses services, notamment You tube utilise beaucoup de bande passante. On peut penser que Free tente d’influencer Google avec son blocage de la publicité.

    Free est revenu sur le blocage de la publicité car il a été annoncé que le dispositif sera désamorcé « dans les jours qui viennent ».

    Reste à savoir qu’elles vont être les suites de cette « affaires Free » concernant son différent avec Google.

    Benoît Bellaïche
    b.bellaiche@gmail.com

  • Class Action en vue pour les nouvelles règles de confidentialité de Google

    Aux Etats-Unis, Google fait l’objet de deux recours collectifs. Ces recours concernent les nouvelles règles de confidentialité et notamment la nouvelle politique de Google en matière de gestion des données personnelles.

    Un recours collectif ou une action de groupe (« class action » en anglais) est une action en justice ou une procédure qui permet à un grand nombre de personnes, souvent des consommateurs, de poursuivre une personne, souvent une entreprise ou une institution publique, afin d’obtenir une indemnisation morale ou financière.

    De nouvelles règles

    Le 1er mars 2012, les nouvelles règles de confidentialité sont entrées en vigueur.

    En Europe déjà, dès le mois de février, l’Union Européenne avait demandé à Google de suspendre ses nouvelles règles de confidentialité.

    Depuis, deux procédures viennent d’être engagées devant la justice américaine contre le géant de Mountain View. Ces procédures proviennent des États de Californie et de New York qui estiment que les nouvelles règles de confidentialité de Google à propos des données personnelles de ses utilisateurs violent les précédentes dispositions. Ces dernières énonçaient que les informations fournies par un utilisateurs pour un service ne seraient pas utilisées par un autre service sans l’accord de l’intéressé.

    Mais désormais avec sont nouveau règlement, Google sous prétexte d’une meilleure expérience en ligne s’autorise à croiser les données.

    Les auteurs de l’action en justice reprochent à Google de ne pas avoir laissé aux utilisateurs le choix de refuser cette unification et affirme que « Google agrège désormais les informations personnelles des consommateurs sans leur consentement. » Ils ajoutent que Google a « échoué à fournir un simple et opérationnel mécanisme d’opt-out ».

    Un bouton opt-out permettrait aux utilisateurs qui le souhaitent de refuser le croisement de leurs données.

    On constate que les nouvelles règles de confidentialité de Google font réagir les autorités mais aussi les particuliers tant la question des données personnelles et du « profilage » sur internet devient une question essentielle.

    Benoît Bellaïche
    b.bellaiche@gmail.com

  • L’Union Européenne demande à Google de suspendre ses nouvelles règles de confidentialité.

    L’Union Européenne demande à Google de suspendre ses nouvelles règles de confidentialité

    Alors que Google annonce ses nouvelles règles de confidentialité qui devraient entrer en vigueur le 1 mars, le Vice-président du groupe des 29 a envoyé un courrier à Larry Page, le PDG de Google, pour lui demander de suspendre l’application des nouvelles règles. Jacob Kohnstamm, le Vice-président du groupe, souhaite :

    Vérifier les conséquences possibles sur les données personnelles des citoyens européens.

    Le groupe de travail “Article 29 sur la protection des données” – ou G29 – est un organe consultatif européen indépendant sur la protection des données et de la vie privée. Il a pour principales missions de conseiller la Commission européenne et de lui donner un avis autorisé sur toute mesure communautaire ayant une incidence sur les droits et libertés des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et de la protection de la vie privée. Le groupe des 29 rassemble les 27 CNIL – Commission nationales de l’informatique et des libertés – européennes.

    Le Vice-président du groupe des 29 demande donc à Google de suspendre l’entrée en vigueur des nouvelles règles. Il ajoute :

    Vu l’étendue des services que vous proposez et leur popularité, les changements dans vos règles de confidentialité peuvent affecter de nombreux citoyens dans la plupart des Etats membres ; nous appelons à une pause dans l’intérêt de faire en sorte qu’il ne puisse y avoir aucun malentendu quant aux engagements de Google pour les droits d’information de leurs usagers et des citoyens de l’Union Européenne, jusqu’à ce que nous ayons terminé notre analyse.

    De son côté, Google indique avoir informé la majorité des parties prenantes concernées au cours des semaines qui ont précédé l’annonce. Le géant américain ajoute en outre être prêt à coopérer avec le G29 pour apporter des modifications avant le 1er mars, mais il ne semble pas disposé à différer l’application de ses nouvelles règles de confidentialité.

    Pour la Commission européenne, le G29 n’a pas de pouvoir de contrainte mais seulement un rôle de conseil indépendant et il ne reflète pas la position de la Commission. Ainsi, on peut se demander ce que fera l’UE en cas de désaccord persistant entre le G29 et Google. On peut difficilement penser à un filtrage de Google dans l’Union, bien que cette dernière doive faire respecter ses dispositions concernant les règles de confidentialité.

    Crédit photo : washingtonpost.comhldataprotection.com

    Benoît Bellaïche
    b.bellaiche@gmail.com